Pages Menu
TwitterRssFacebook
Categories Menu

Posted by on déc 12, 2016 in Actualité | 0 comments

Entre « combat de tweets » et géopolitique en Asie, la présidence « atypique » de M. Trump

Entre « combat de tweets » et géopolitique en Asie, la présidence « atypique » de M. Trump

Pour mémoire, lorsque Donald Trump n’était encore que candidat à l’élection présidentielle américaine, son équipe de campagne avait dû reprendre la main sur son compte Tweeter quelques jours avant la date fatidique du scrutin, de manière à éviter toute nouvelle polémique sur ce réseau social. A présent qu’il est devenu président-élu, Donald Trump a retrouvé le libre accès à Tweeter … et les dérapages n’ont pas tardé à revenir également. Le dernier exemple en date concerne l’émission Saturday Night Live, présenté par Alex Baldwin, pour laquelle M. Trump a estimé qu’il s’agissait d’un show « impossible à regarder », car « totalement biaisé, pas drôle, et avec une imitation qui ne pourrait pas être pire. Triste ». Ledit Alex Baldwin lui a répondu : « Publiez vos déclarations d’impôt et j’arrêterais ». Au-delà de cet échange de tweets, c’est surtout le fait que le 45ème Président des Etats-Unis s’abaisse à devenir un « troll » qui perturbe bon nombre d’analystes politiques américains.

De plus, Donald Trump a évoqué le fait que, vendredi dernier, la nouvelle présidente taïwanaise se soit entretenue au téléphone avec lui. En soit, cela n’a rien de choquant, mais que le président des Etats-Unis annonce publiquement avoir discuté avec la représentante d’un pays dont l’existence n’est pas officiellement reconnue, c’est beaucoup plus surprenant. De fait, cela faisait plusieurs décennies qu’un président américain n’avait pas officialisé s’être entretenu avec un dirigeant taïwanais, au risque de créer un véritable clash géopolitique avec Pékin. En effet, dans le cadre de la reconnaissance de la République Populaire de Chine (RPC), les Etats-Unis ont implicitement avalisé qu’il n’y avait qu’une « chine unique », même si des liens informels – et parfois notables, comme des ventes de composants électroniques sur les avions de combat F-16 taïwanais par Lockheed-Martin – se poursuivent.

La nouvelle présidente de l’île rebelle, Tsai Ing-Wen, est partisane d’une ligne dure vis-à-vis de la RPC, et son parti appelle même à une déclaration d’indépendance … or il suffit de se souvenir des réactions violentes de Pékin face à toute velléité sécessionniste au Tibet ou à Hong-Kong pour comprendre que l’actuelle situation à Taïwan énerve au plus haut point les instance dirigeants chinoises. L’annonce de M. Trump pourrait donc être un pas de plus dans une escalade vers une crise géopolitique majeure, mais face au ralentissement de sa croissance économique, Pékin a besoin de conserver une relation stable avec les Etats-Unis.

Ainsi, la RPC a protesté auprès de la Maison-Blanche, mais le ministre chinois des affaires étrangères a mis la conversation téléphonique de M. Trump avec Mme Ing-Wen sur le compte d’une « ruse » de Taïwan, avant de réaffirmer que l’île reste « une part inaliénable du territoire chinois ». Reste à savoir quelle stratégie le président Trump entendra suivre vis-à-vis de Taïwan, car le risque d’un affrontement majeur dans le détroit de Formose n’est pas totalement à exclure.

Post a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>